Un bon week end en Franche Comté

Afin d’aller me changer un peu les idées après plusieurs mois de contre performances et de mauvaises sensations sur le vélo, je décide d’aller passer quelques jours en Franche Comté, à Belfort plus précisément.

En ligne de mire: la participation au critérium du Ballon d’Alsace, une course d’un genre rarissime en pass cyclisme, puisqu’elle se termine au sommet d’un col (Ballon d’Alsace) !

L’objectif sera d’abord de me tester sur une longue montée (12 km @ 5.4%), pourquoi pas faire une place, mais surtout d’établir de nouveaux points de référence pour mon profil de puissance. Un week end qui sera marqué par de bonnes perfs, et un temps horrible (froid, pluie, vent…)

Jeudi 14 aout, reco

Je décide d’aller reconnaître l’ascension du lendemain en partant de Giromagny. Le cardio monte beaucoup plus que prévu, alors que je ne suis qu’autour des 200 watts. Cela s’annonce pas terrible pour le lendemain.

A mi parcours le brouillard commence à faire son apparition, j’hésite à faire demi tour. Arrivé au sommet on n’y voit plus rien! Bilan: moins de 17 de moyenne pour 164 bpm et 205 watts, bof bof!

La descente va être une vraie horreur. J’avais pourtant prévu le coupe vent manche longue (j’ai bien fait!), mais je vais finir complètement gelé (10°c), à avoir du mal à ne pas grelotter et à tenir sur le vélo. On rajoute à ça une route détrempée, et cela donne un des pires moments que j’ai pu connaitre sur un vélo! 33 de moyenne en descente, dans les dernières positions sur strava, arg…

 

Vendredi 15 aout, Critérium du Ballon d’Alsace

Le temps annoncé par la météo sera bien là: vent, pluie, froid. J’hésite à me rendre au départ, j’espère presque que cela sera annulé. Je grelotte dès les premiers tours de roues en sortant de l’hôtel sous une belle averse, c’est mauvais signe.

Je m’inscrit tout de même place de la république à Belfort, et tourne comme un con sous les averses pendant une heure en attendant le départ.

Celui ci est donné vers 9h pour une trentaine de coureurs en pass (2 minutes après les 2/3/J), et c’est assez bizarre: on a l’impression que c’est un simple départ de rando. Avec ce départ humide en centre ville, tout le monde sera heureusement prudent. J’essaie de ne pas trop traîner derrière histoire de pas me prendre de cassure. Je vais avoir une première frayeur dans la première bosse (un peu plus d’un km @ 4%) sur une route recouverte de gravier. Certains commencent à perdre quelques longueurs, et je redoute de me faire lâcher dans la descente, aussi gravillonneuse que la montée.

Il n’en sera rien et j’en profite ensuite pour me glisser dans les 3/4 premières places, que je ne quitterais plus jusqu’au pied du col. A un moment il y a une belle attaque pour une prime (disséminées tout au long du parcours). 3 coureurs prennent un peu d’avance, je me fait violence pour revenir dans leur roues, et on se retrouve à 4 avec un peu d’avance sur le paquet. Mais personne n’insiste et on se fait vite reprendre.

A l’approche du pied la nervosité monte d’un cran et tout le monde essaie de se replacer. Le rythme se fait ensuite plus violent, et au bout de quelques kilomètres je suis en rupture. Le capteur affiche environ 285 watts, une valeur que je ne peux pas maintenir sur 10 bornes/30 minutes, ça c’est sûr. Je tiens quelques minutes au mental puis dois laisser filer ce qu’il reste du paquet, soit 8 coureurs.

Je vais faire le restant de l’ascension avec deux autres coureurs. J’ai du mal dans leur roues, alors qu’on maintient un contact visuel avec la tête de course: un premier paquet de 6, suivi de 2 coureurs.

Au fil des kilomètres on fini par perdre de vue les autres coureurs. Sur la fin de l’ascension je retrouve un semblant de force et passe plus de relais. Avec le recul je pense que je me suis fait piéger, car il vont m’éclater sur le sprint, où je prendrais au final la 11e place de la course.

 

Résultat pas mauvais même si j’espérais mieux. Mais c’était la première fois que je montais un col en course, et seulement la deuxième fois que je montais un col de plus de 10 bornes, après la reco de la veille.

Au sommet comme la veille, brouillard, froid, et même des averses. La descente s’annonce cauchemardesque… Finalement je m’en suis mieux sortis que la veille (3 km/h de gagné ^^). En bas de la descente le soleil a même fait son retour, ce qui permet de se réchauffer un peu…

Le temps au sommet…

Au final, en plus d’une super expérience (ça change des courses en circuit tout plat!), je ressort de cette course avec des nouveaux records de puissance: en puissance brute tout d’abord avec 230 watts sur plus d’une heure, et en puissance normalisée, avec 254 watts NP sur une heure.

Plus globalement, toutes mes CP au delà de 16 minutes seront battues.

J’aurais monté le Ballon à un peu plus de 21km/h de moyenne, pour 260 watts et 179 bpm. J’ai monté les 3 premiers km à environ 280 watts, avant de me stabiliser à 240/250 watts, ce qui reste assez faible. Je me prend environ 3 minutes par rapport au vainqueur.

A l’entrainement j’ai aucun problème pour rouler à plus de 20km/h sur du 5%, mais comme toujours en course c’est plus difficile (même si le Ballon c’est plutôt du 5.4/5.5%).

 

Samedi 16 aout, Prix de Gigot (grimpée)

Je profite d’être sur place pour jeter un œil au calendrier des courses du coin. A un peu plus d’une heure de voiture a lieu une grimpée, voila qui est idéal pour compléter ce week end. J’aurais aimé faire les bosses du coin (autres versants du Ballon, Salbert,…) mais vu le temps toujours incertain, je n’avais pas envie de me lancer dans une galère à cause des descentes.

Direction donc Montbéliardot, petit village perdu au milieu de nulle part au sein de magnifiques vallées. Au programme, une montée de 9 km à 4%. Enfin, ça c’est la théorie. N’ayant pas eu le temps de faire une reconnaissance, je vais découvrir qu’en fait il s’agit de 4 km à peu près plat suivit de 6 km @ 5%. Le prolongateur de triathlète n’aurait pas été de trop je pense.

Au départ, l’objectif est là aussi de faire une place, puisque cette grimpée est ouverte aux non licenciés.

Départ donné, les premiers km plats surprennent un peu, j’en profite pour me caler à 250/260 watts avec le capteur de puissance.  Épingle à gauche, et on attaque les choses sérieuses. La montée est superbe, avec quelques virages/épingles façon col de montagne.  Les sensations sont très bonnes, bien meilleures que la veille puisque j’arrive à me caler à plus de 280 watts. Je flirte même souvent avec les 290/300 watts!!

Je vais mettre plus de temps que prévu pour rattraper les premiers coureurs (départ de minute en minute), mais je vais en rattraper 4 quasiment coup sur coup! Déchaîné, je me met presque en sur-régime, avant de revenir sur terre en étant déposé par le futur 2e de la course (vainqueur la veille au grand Ballon en 2/3/J). J’essaie de me calquer sur son rythme, mais cela m’oblige à me caler à 290/300 watts, ce que je vais payer sur le dernier km, bouclé à l’arrachée.

Bilan puissance excellent puisque je boucle la grimpée à 275 watts sur 24 minutes, et que j’explose tous mes records de puissance de 17 à 24 minutes! Pas mal au lendemain d’une course. Si j’avais pu sortir ses chiffres là la veille, nul doute que j’aurais fini bien mieux classé…

Bilan sportif mitigé puisque je prend seulement la 8e place sur 32 classés… Avec certes un première caté FFC qui gagne, ainsi que deux 2e et un 3e caté FFC qui finissent devant moi.

Dimanche 17 aout, course FSGT à Tillenay (Côte d’or)

Retour à la maison prévu au cours de la journée de dimanche. Sur mon chemin de retour à lieu une course FSGT à Tillenay, pas très loin d’Auxonne.

Après les efforts des derniers jours, j’ai un peu peur de payer l’addition et de faire la course de trop. Mais je ne ressent pas de fatigue ou de mal aux jambes, je me sens au contraire dans une spirale positive limite euphorique.

Le circuit est plat et le départ donné par catégories d’âge: ainsi dans mon peloton il y a pas mal de gars courant en 3 FFC. Si on rajoute à cela le vent soufflant assez fortement, je crains d’exploser d’entrée.

Il n’en sera rien: si le départ est certes relativement rapide, on se retrouve vite dans un faux tempo qui permet à 6 gars de s’échapper. Trés rapidement je me replace en tête de peloton et je découvre que j’ai de super jambes!

Je fais un peu ce que je veux sans toxiner ni m’essouffler, je ne sens pas les pédales et j’ai l’impression de revivre mes courses en 3 Ufolep de l’an dernier. Après quelques minutes de n’importe quoi (attaques, faux tempo voire roue libre), on va tourner à plusieurs coureurs à bonne allure en tête de paquet, et ce pendant quasiment toute la course, ce qui est très rare!

Il y aura certes quelques moments d’énervement lorsque les gars sautent des relais: à un moment un peu agacé j’accélère fortement et me retrouve échappé quelques minutes en chasse patate.

Dans le dernier tour on va avoir à nouveau les échappées en point de mire, mais on n’arrivera pas à les reprendre. Cela se finira au sprint pour la place de 7, et comme souvent lors d’arrivées tortueuses je vois fondre sur moi tous les ratons de la course sans rien pouvoir faire. Je finirai donc en roue libre, déçu par le dénouement de la course mais très satisfait par les sensations du jour, les meilleures de la saison!

Voila qui est très étonnant après un enchaînement de 3 jours de courses, certes très courtes. Il me reste à trouver le paramètre qui m’a permis d’avoir une telle forme au cours de ce week end de compétitions.

Est-ce que c’est simplement le travail avec le capteur de puissance qui commence enfin à payer? Il va falloir confirmer cela lors des quelques courses qu’il reste à faire cette saison (hé oui, à peine la mi août passée et voila que se profile déjà la fin de saison…).

Cela reste en tout cas un week end très satisfaisant, le tout dans un cadre dépaysant ayant permis de casser un peu la routine, et de relancer ma motivation pour le vélo. Car vu les résultats des derniers mois, je commençais à m’interroger sur la pertinence à continuer ou pas la compétition…

 

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