Contre la montre de Cases de Pene

Les courses au soleil (Perpignan)

En ce 15 février 2020, la saison des chronos reprend déjà, à Cases de Pene (dép.66, à environ 15 km de Perpignan)! Bon, c’est beaucoup de parler de reprise, car le prochain CLM n’aura pas lieu avant le mois d’avril 🙁.

C’est à ma connaissance en effet le seul contre la montre ayant lieu au premier trimestre. Fruit de l’organisation ‘Vélosoleil‘ ( dommage que leur site semble dater du siècle dernier ^^ ), il fait parti d’un triptyque (Les courses au soleil) comprenant également deux courses sur route, le Grand Prix de Perpignan (2/02!) et Perpignan – St Feliu d’Avall le week end suivant (8/02).

Ces deux dernières ont lieu depuis déjà quelques dizaines d’années autour de Perpignan, et cela fait quelques années que je les avais repérées, notamment par le biais de vélo101 (elles sont présentes dans le calendrier Cyclosport avec possibilité d’inscription en ligne).

Voyant que cette année un contre la montre est également au programme, je n’ai pas hésité longtemps malgré la distance depuis Saint Etienne (2x3h de TER!): l’occasion de se tester en CLM est trop rare, surtout à ce moment de l’année!

Le circuit

Cases de Pene est un petit village situé à une quinzaine de kilomètre au nord de Perpignan. Le circuit démarre au cœur du village (en face de la mairie), puis grimpe sur les hauteurs via une rampe d’environ 400 mètres à 3.5% de moyenne, en très bon revêtement: la seule partie correcte du circuit…

Ça redescend ensuite en faible pente sur 400 mètres, avant de se stabiliser puis de remonter en léger faux plat pour atteindre la bifurcation. Sur toute cette partie, le revêtement de la route est très irrégulier, ça secoue! On se faufile ensuite derrière un bâtiment agricole pour rejoindre une route étroite derrière les vignobles. Cette partie du tracé est carrément défoncée par endroit: parfois, des crevasses de 15 cm de profondeur sur les côtés, mais surtout un endroit sans revêtement sur environ 2 mètres, recouvert de graviers, mais non comblé, c’est donc un trou sur toute la largeur de la route et long de 2 mètres à devoir négocier en vélo de chrono, aïe!

Arrivé à environ 5 km il va falloir faire demi-tour sur la route elle même! Autant dire que ça revient à un arrêt-relance.

Le retour se fait sur la même route, donc rien de neuf à noter, sauf qu’il faudra penser à faire la bosse d’arrivée à fond, car ensuite la descente jusqu’à la ligne est trop périlleuse pour la faire au sprint: courbe serrée sans visibilité (on rappelle que la route est ouverte et que d’autres coureurs seront en sens inverse), et la ligne est placée juste avant un dos d’âne et un carrefour: finir au sprint est plus qu’hasardeux.

La forme, les ambitions, la reco

La forme

Depuis que je suis devenu un adepte de Zwift, la notion de ‘saison’ me semble obsolète: je garde un très bon niveau de forme tout au long de l’année, peut être même meilleure en hiver qu’en été! (plus de home traîner, pas de surchauffe à cause des températures). Ça peut sembler contraire au discours (antique?) qui veuille que l’on coupe en hiver (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas faire des micro coupures régulières tout au long de la saison). Pour ma part, j’ai toujours considéré absurde de laisser baisser volontairement sa forme dès l’automne venu: dans quelle autre discipline annule t-on volontairement ses progrès, annihilant ainsi une progression d’une année sur l’autre? Ce qui vaut pour les pros (30 heures de vélo par semaine), ne me semble que peu pertinent pour le cycliste amateur. Bref, on est mi-février, et je flirte avec ma meilleur forme.

Les ambitions

La saison 2019 des contre-la-montre (un article va venir à ce sujet, le temps de le finaliser^^) fut ma meilleure: j’ai quasiment toujours terminé dans le top 10, et j’ai surtout remporté mes deux premières victoires (enfin!).

Sur ce ‘petit’ chrono de début de saison, j’espère donc jouer la gagne. Comme c’est la première édition, impossible de jeter un œil aux moyennes habituelles des gars du coin, mais si je regarde les deux gentlemens organisés par Vélosoleil en fin de saison dernière, j’ai l’impression au vu des moyennes que le niveau n’est pas extraordinaire (encore que l’on verra plus bas que la moyenne ne veut pas dire grand chose sans connaitre exactement le parcours…). La gagne me semble donc accessible.

La reco du parcours

La veille du chrono je me rend à Cases de Pene pour voir ce qu’il en est: j’ai fait une ‘pré-reco’ via google maps, et ça ne semblait pas fameux (mauvais revêtement, routes étroites sur lesquelles il faudra se croiser car le tracé se fait en aller / retour).

La réalité sera encore pire: revêtement très mauvais sur la première partie, mais ensuite lorsque l’on bifurque dans les vignobles, elle est carrément défoncée par endroit avec des gros trous et même un cratère de deux mètres de long vaguement comblé de gravier! Une piste limite gravel quoi… Ça va être acrobatique sur le vélo de CLM avec la roue pleine 😅.

La course

Par rapport à ma reco, la seule (bonne) surprise, est que l’on part du bas du village et que l’on attaque d’entrée par une belle bosse, courte certes mais qui permet de se mettre dans l’allure d’entrée.

Je la fais à fond (110% PMA sur 55 sec. ), car je sais qu’ensuite il y aura 2/3 virages en descente que je devrais faire en roue libre. Étonnement, avec l’adrénaline de la course, je ne sens plus trop les déformations de la route: j’arrive à rester concentré sur mon effort sans trop prêter attention à la conduite.

Dans les vignobles, il va falloir négocier le ‘cratère’ de graviers, qui m’avait semblé si insurmontable en vélo de contre la montre lors de la reco, au point que j’avais hésité à prendre le départ. Je me surprend à le passer à toute allure, en faisant un petit ‘saut’ façon cyclo cross, comme si de rien n’était ou presque. L’adrénaline de la compétition m’étonnera toujours 🤣.

Un peu avant la mi parcours je rejoins le coureur parti une minute avant moi, juste avant le fameux demi tour sur place: pour ne pas gêner la manœuvre je dois rester un peu en roue libre derrière lui, le temps de repartir dans l’autre sens.

Je fais une très bonne relance (1 minute un peu au delà de la PMA), rattrape un deuxième coureur et arrive ensuite à maintenir un bon niveau de puissance malgré l’inconfort de la route.

Comme prévu je fais la dernière bosse à fond avant de terminer en roue libre dans la descente pour rejoindre la ligne. J’ai bien fait de ne pas sprinter: une voiture était arrêtée un peu avant la ligne!

Je termine à 279 Watts de moyenne: pour la durée (15 minutes), ce n’est pas extraordinaire, mais le parcours particulier a favorisé les pics de puissance, ce qui donne 291 Watts NP ou encore 287 avg avant la descente (soit 4.9 W/kg sur un peu plus de 14 minutes). Il était vraiment difficile de se donner à fond sur ce chrono particulier. La moyenne, comme j’en parlais plus haut, n’est pas significative: 40.4 km/h, alors que la saison dernière pour 20 watts de moins je tournais à 43/44 de moyenne! C’est dire si ce circuit était vraiment particulier.

Au niveau du classement, je prend la 2e place sur 41 classés! Un joli premier résultat pour cette saison 2020, le vainqueur étant un triathlète professionnel.

Au final malgré un circuit pourri (la faute en partie à la crue du cours d’eau longeant le circuit), ce fut une chouette expérience, je n’ai pas regretté le déplacement depuis Saint Etienne. La possibilité de faire des contre la montre est tellement rare que j’essaie de saisir toutes les opportunités.

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