Course du week end de Pâques 2/2

Lundi: course Pass Cyclisme D1/D2 à Pouillenay.

Une course vallonnée (840 m de D+ pour 70 km) au goût particulier pour moi: l’an dernier j’y avais fait mes débuts en FFC et je m’étais prit une claque monumentale en lâchant prise dans la portion descendante dès le premier des 5 tours, perdant quelques mètres à chaque virage, et étant incapable ensuite de combler les trous.

En plus, je n’avais même pas été à l’aise dans la bosse, étant à fond dans les roues. Cela m’avait permis de mesurer l’écart qui me séparait alors du niveau pass cyclisme.

Ce lundi, je m’y rend un peu plus confiant, car je sais que j’ai progressé dans mes prises de virages, et que je suis plus costaud que l’an dernier à la même période.

Le temps, couvert avec quelques gouttes vient rajouter quand même un petit pic de stress concernant la descente.
Mes mauvaises jambes (j’ai presque du mal à monter la bosse à l’échauffement…) finissent presque d’achever le peu de confiance qu’il me restait.

Je suis sur la première ligne lorsque le départ est donné, et en 1 minute je me retrouve derrière! C’est bien plus stressant qu’en Ufolep pour garder sa place. Bon, le paquet étant constitué de 36 unités, le placement n’est pas vraiment important.



La bosse principale démarre en faux plat, sur lequel le rythme est assez tranquille. Puis on enquille sur environ un kilomètre à 7% avec un passage à 9/10%. Et là je vais bien souffrir lors du premier passage: je dois m’employer pour ne pas me faire lâcher!

Contrairement à l’an dernier, dès cette première ascension le paquet perd des éléments. La descente qui suit est bien moins terrible que dans mes souvenirs: il s’agit seulement de faux plats. Je ne suis certes pas très à l’aise dans les virages mais je ne lâche rien.

Suit un petit coup de cul de moins d’un kilomètre encore passé en force, où je serais encore en limite de lâcher.

Le long faux plat descendant se négocie ensuite sans encombres sur une route large, avant de bifurquer sur ce qui s’apparente presque à un chemin, plein de graviers, de trous et de déformations du goudron, traversé en plus par une voie ferrée!

Soit à peu près tout ce que je déteste à vélo réuni sur quelques centaines de mètres! On le passe toutefois sans encombre, avant de rentrer dans Pouillenay via une série de virages/contre virages qui donnent l’impression de faire une descente de ski :D

Et voila, le premier tour est bouclé dans le peloton, ce qui pour moi est déjà pas loin du petit exploit personnel, à la fois sur le plan physique mais aussi technique.

Comme je m’en doutais, les passages suivants dans la bosse vont être moins rapides, je vais enfin pouvoir remonter et faire parti plusieurs fois de la ‘bonne cassure’ au sommet. Sur un des tours, je vais même relancer le groupe afin de tenter de distancer définitivement les lâchés.




Peine perdue: le paquet va resté groupé jusqu’à la 5e et dernière ascension, à quelques secondes de deux gars en échappée (que je pensais être plus nombreux). Dans la partie difficile de la bosse plusieurs gars prennent les devant et je finis par planter moi aussi une belle accélération afin de les rejoindre.

C’est très dur, j’ai rarement autant souffert sur un vélo, mais je continue à écraser les pédales car je sais que la différence va se faire ici, c’est vraiment le mental qui joue dans ces moments: si je souffre en montée avec mes 57 kg, les coureurs de 70kg devront développer des puissances de malade pour me suivre.

On se retrouve finalement à 12 coureurs devant, ça roule par a-coups mais le rythme reste tout de même bien rapide.
Il y a pas mal d’attaques que je vais encore une fois chercher au mental, mais dans ma tête on cours pour la xieme place, car je ne me suis pas rendu compte qu’on a repris l’échappée!

Arg, touriste un jour, touriste toujours! Si j’avais su que j’étais en train de jouer la gagne en pass cyclisme, j’aurais peut être couru différemment (mais ça m’aurais peut être aussi bloqué).

Derrière, le peloton reviens très fort (on enquille pourtant des bouts droits à 50 voire 60 km/h en faux plat descendant) et c’est sauve qui peut.

Lorsqu’on bifurque sur la route défoncée, le peloton recolle (edit du 26/04: en fait comme on peut le voir sur une des photos ci dessous que j’ai récuperé quelques jours plus tard, notre groupe n’a pas été rejoint!)), et je donne tout ce que j’ai pour tenir les roues des quelques gars qui me précèdent. En effet, jusqu’à l’arrivée on emprunte cette route étroite puis les enchaînements de virages en plein village: personne ne peut remonter car tout le monde est en file indienne.

A condition que je ne lâche rien: au moindre relâchement ou virage mal négocié, les gars dans ma roue me remonteraient et je me mettrais en mode ‘panique’ dans les virages suivants, en laissant passer tout le monde.

En fait je ne vais rien lâcher (si ce n’est une ou deux places dans le virage final vers la ligne) pour finir dans les premières places du paquet!




Quand j’apprend qu’on jouait la gagne, je me prend à rêver d’un top 5, mais non je prend la 10e place, ce qui est assez inespéré sur ce qui reste une des courses les plus dures de la saison!

C’est une énorme satisfaction, autant sur le plan physique que technique. Au fil des tours j’ai pris de l’assurance, et je me suis même fait plaisir sur les derniers tours dans les enchaînements de virages!

Bon, j’ai toujours des lacunes sur les virages serrées (surtout vers la gauche), mais quels progrès de réalisés!

Par rapport au niveau, quelle différence avec l’Ufolep! En ufolep, on passe une bonne partie du temps en roue libre à papoter, hors ici c’était ‘à fond à fond à fond’, pas de planqués, pas de placements foireux au sprint: tout se règle à la pédale. Qu’est ce que j’aime ce genre de course! Le même genre que celle de Châtillon en Bazois où j’avais prit la 4e place en D1/D2 en fin de saison dernière.

Enfin, même si le circuit était très vallonné, il n’était pas forcément idéal pour mois car la bosse se montait en puissance, trop courte pour les grimpeurs. D’ailleurs, c’est des sprinteurs qui finissent devant moi (enfin, au moins un c’est sûr).

Au final j’ai l’impression d’avoir tout donné et d’avoir vraiment participé à une course, c’est assez rare comme sensation, et en tout cas c’est des sensations que je ne connais pas en Ufolep (sans doute une grosse libération d’endorphine!).

Autre satisfaction, au classement je suis devant pas mal de premières Ufolep, et pas des moindres.

Seul ‘hic’, la camera m’a fait faux bon (en fait la carte SD était mal insérée…) et je n’ai pas pu filmer la course, alors que s’il devait y avoir une course à filmer cette saison, c’était bien celle là…

Merci à velolive89200.com et rossoracing.fr pour les photos!

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